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Explosion dans une gare de Bruxelles, considérée comme « une attaque terroriste »

Les autorités belges ont annoncé la mort de l’assaillant. L’incident, qui a généré mardi un mouvement de panique, n’a pas fait d’autre victime. Une explosion apparemment criminelle a eu lieu, mardi 20 juin, peu avant 21 heures, dans la gare Centrale de Bruxelles. Vers 23 h 15, au cours d’une conférence de presse laconique, le porte-parole du parquet fédéral Eric van der Sypt a affirmé que cet incident – qui n’a pas fait d’autre victime – est « considéré comme une attaque terroriste ».

 

L’assaillant a été « neutralisé » par des militaires présents sur les lieux, sans plus de détail, avait alors mentionné M. van der Sypt. Peu avant minuit les autorités ont finalement confirmé la mort de celui-ci. Mercredi, le ministre de l’intérieur belge, Jan Jambon, a annoncé que l’auteur de l’attaque a été identifié, sans pour l’heure révéler son identité.

Certains témoins ont affirmé qu’il avait proféré des propos en lien avec le djihad, notamment « Allahou Akbar ! [« Dieu est grand » en arabe] ». Il s’agirait d’un individu âgé d’une trentaine d’années.

La « petite explosion », selon les termes utilisés par la police, pourrait provenir d’une valise, comme l’a affirmé un voyageur sur place lors des faits. Des photos mises en ligne sur les réseaux sociaux montraient une gerbe de feu de plusieurs mètres dans les couloirs de la gare.

Le premier ministre, Charles Michel, a appelé sur Twitter ses compatriotes à suivre les consignes des autorités. Il a convoqué un conseil de sécurité, mercredi à 9 heures.

Mouvement de panique

La société ferroviaire belge (SNCB) avait été prévenue par un cheminot, à 20 h 49, d’un mouvement de panique dans la gare. Des gens couraient en tous sens, traversaient les voies de cette station souterraine ou tentaient de monter dans des rames à l’arrêt. Un mouvement de foule est également intervenu sur la Grand-Place, toute proche et noire de monde durant cette soirée de canicule.

Un plan de secours appliqué par la SNCB a entraîné la suspension du trafic sur « la Jonction », la liaison ferroviaire qui parcourt toute la ville. Une autre gare, Bruxelles-Nord, a également été évacuée par mesure de sécurité tandis qu’un important périmètre était mis en place aux abords de la Gare Centrale.

Des démineurs sont intervenus pour voir si d’autres explosifs n’étaient pas présents. Des témoins affirmaient, dans un premier temps, avoir vu des fils sortir des vêtements de l’auteur de l’attentat. Des recherches ont été immédiatement lancées dans la ville, afin d’identifier d’éventuels complices de l’individu neutralisé.

Niveau d’alerte inchangé

Les attaques des kamikazes de Bruxelles, le 22 mars 2016, revendiquées par l’organisation Etat islamique (EI), ont fait 32 morts et plus de 320 blessés. La capitale belge a aussi été le point de départ des commandos islamistes qui ont frappé Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015.

L’Office central d’analyse de la menace, qui conseille les autorités belges, a précisé dans la soirée de mardi que le niveau 3 d’alerte en vigueur dans le pays depuis les attentats de mars 2016, resterait inchangé. Ce niveau – sur 4 – évoque une menace « grave, possible et vraisemblable » d’attaque.

L’incident de la gare Centrale devrait entraîner le maintien de la présence des militaires sur les sites jugés stratégiques ou à forte concentration de personnes. Les soldats déployés dans le cadre de cette opération estiment de plus en plus souvent qu’elle ne correspond pas aux raisons de leur engagement, mais le gouvernement fédéral prolonge à intervalles réguliers leur mission.