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Politique nationale: Le Gal Kassaraté lâche Gbagbo pour Bédié

Annoncé à la retraite depuis quelques mois, le Gal Kassaraté a pris son envol politique, mais aux côtés d'Henri Konan Bédié, au Pdci-Rda. L'ancien proche et fidèle de l'ex-président, Laurent Gbagbo ne s'en cache plus et explique son choix.

 

Pour ses vieux jours, le Gal Kassaraté a décidé de faire de la politique. Non pas aux côtés de son ancien patron, l'ex-président Laurent Gbagbo, détenu à la Haye, au Pays-Bas où il comparait devant la Cour pénale internationale, mais au Pdci-Rda, parti de l'ancien président Henri Konan Bédié.

L'ex-ambassadeur de Côte d'Ivoire au Sénégal, qui vient de prendre sa retraite, a été, en effet, le Commandant du Palais présidentiel sous le règne de Laurent Gbagbo. Alors colonel, puis colonel major, il est promu, en 2005, Commandant supérieur de la gendarmerie avec les galons de Général de brigade. A ce poste, Edouard Tiapé Kassaraté va gravir plusieurs échelons jusqu'à devenir l'homme le plus gradé de l'histoire de la gendarmerie nationale avec ses 4 étoiles faisant de lui un Général de Corps d'Armée.

Fidèle parmi les fidèles de l'ex-président ivoirien, homme clé dans le dispositif de sécurité de ce dernier, le Gal Kassaraté aura été des premiers officiers à avoir fait allégeance au président Ouattara pendant la crise post-électorale de 2011. A l'issue de cette crise, il est nommé ambassadeur par l'actuel chef de l'Etat, sorti vainqueur de la crise, qui lui a du sa loyauté.

Finie sa mission de diplomate, retraité de la gendarmerie, donc libre de toute contrainte et de réserve, le natif de Carié a franchi le rubicond pour affirmer son appartenance à un camp politique. Le Gal Kassaraté a pris part officiellement à une réunion des délégués du Pdci-Rda le samedi 25 novembre dernier, à Bouaflé. Interrrogé par la rédaction de L'inter sur sa présence à une telle rencontre, il ne cache pas son engagement. « D'abord, le vice-président du Pdci-Rda, Charles Koffi Diby, qui gère la zone de l'Ouest, dite zone Zadi, comprenant, entre autres, le Haut-Sassandra, la Marahoué, le Goh, le Loh-Djiboua, San Pedro, m'a invité en tant que cadre à cette réunion de restitution des travaux des délégués. Ensuite, je suis général à la retraite, ambassadeur à la retraite. Donc, je prends ma place, et toute ma place, au plan politique ».

Cette place, l'ancien patron de la sécurité de Laurent Gbagbo ne l'aura prise nulle part ailleurs que dans le parti de Bédié. « J'ai adhéré au Pdci-Rda dans le but d'apporter ma modeste contribution à l’œuvre de reconstruction nationale prônée par le président Alassane Ouattara et son aîné, le président Henri Konan Bédié », explique-t-il, même s'il clame son ouverture et sa volonté de fédérer toutes les forces politiques pour parler de développement social et économique dans sa région.

Mais, pourquoi le Pdci-Rda ? Aurait-il rencontré le président de ce parti avant de prendre sa décision ? L'officier de gendarmerie préfère tirer son joker de Général pour garder la discrétion sur ses rencontres et ses entretiens avec les autorités ivoiriennes, notamment les présidents Bédié et Ouattara. Mais, il lâche : « Le président Bédié est un père à moi ».

Serait-il intéressé à un poste électoral ? Le plus gradé du peuple Kroumen répond par la négative. « Je suis un homme de parole. J'ai dit à toute la population, et à tous les jeunes gens, que je ne suis candidat à rien du tout ». Toutefois, il répond : « Absolument, et tout de suite. Pour mon pays et pour ma région », à la question de savoir s'il serait prêt à assumer des responsabilités si les présidents Bédié ou Ouattara lui en confiaient au niveau du Rassemblement des Houphouëtistes (Rhdp), l'alliance au pouvoir.